30° Degrés Magazine - White x-mas

White x-mas
in New York

Texte: 30° Degrés Magazine: Claude Hervé-Bazin | Photo: Keystone

Prions pour un peu de blizzard, un ou deux décimètres de fraîche nimbant Central Park d’un joli manteau blanc et des températures glissant sous les 32° Fahrenheit. L’espace de quelques semaines, en route vers Noël, le pouls trépidant de New York lève le pied pour s’autoriser quelques battements de cœur.

Ça fume dans les rues de New York par tous les pores des bouches d’égouts. Sur les trottoirs-autoroutes de la Fifth Avenue, la foule fuse, rythme des pas légèrement pressé par le vent froid qui s’engouffre entre les buildings. Les taxis jaunes roulent au ralenti. Les pedestrian X-ings dégorgent des shopaholics bardés de sacs griffés Macy’s, Lord & Taylor, Sak’s et Bloomingdale’s. Un gros bonhomme de neige gonflable à l’écharpe bien mise fait l’article pour une rangée de sapins de Noël. Un peu plus loin, on les vend pré-enguirlandés.

Lights galore
Noël à New York, c’est un peu comme un temps mort plein d’attentes entre deux mi-temps endiablées. Derrière les vitrines, les mannequins ont revêtu leurs bonnets de (fausse) fourrure. L’air empeste le parfum et les décors délirants éclipsent la brique rouge et le ciel morne : on vient de partout lécher du regard ces tapis d’ampoules et ces palais de lumière qui fleurissent aux façades du shopping district de Manhattan.

Depuis 1933, c’est invariablement sur la Rockefeller Plaza que débute Noël. Fin novembre, le jour où la municipalité y éclaire le rituel X-Mas tree, un épicéa venu du nord de l’Etat, mastodonte de 25 ou 30 m bardé de 50 000 boules lumineuses et coiffé d’une étoile en cristal (merci Swarovski). Un évènement diffusé live sur NBC. Entre les bassins du Seagram building, sur Park Avenue, c’est toute une forêt qui s’installe…

Tous les touristes s’agglutinent sur la patinoire

ouverte pour la saison sur l’esplanade (les cinéphiles la reconnaîtront). Un rituel. Les fanas réservent un créneau dès 7h du mat’, avec patins et chocolat chaud inclus… Un peu moins grouillant: le Wollman Rink, à l’angle sud-est de Central Park, où l’on patine avec panorama sur les gratte-ciel. Cash only please. Mieux encore, en plein cœur de l’action: la patinoire gratuite du Bryant Park, entre odeurs de cannelle et stands kitch et scintillants du Winter Village.

Des patinoires, il y en a bien d’autres – après une bonne nuit de vent glacé, les sidewalks peuvent même jouer les suppléants. Au 848 Washington (et 13th Street), The Standard, QG des nuits du Meatpacking district, l’ancien quartier interlope des abattoirs devenu centre de la vie nocturne, s’adjoint pour Noël son propre icerink aux atours néo-alpins. Le week-end, les noctambules, réchauffés par les shots, y glissent jusqu’à 1 plombe.

Brooklyn forever
Une plongée dans la bouche du métro vaut bien la visite d’un grand magasin : le vent chaud qui en souffle contraste tout aussi aimablement avec l’extérieur. Dans les boyaux de la ville, résonnant de chants de Noël et d’échos métalliques, les gamins en hoodie et les macho men reprennent le dessus du pavé. Tatouages qui débordent du cou, boa en apanage, bagouzes géantes aux doigts… Un seul mot d’ordre : exister dans la jungle urbaine.

Dans le carnet d’adresses des Gothamers les plus hypes, la House of Yes, paumée à Bushwick, la nouvelle Mecque du graffiti de Brooklyn, tient une place à part. Danses mystiques aux flambeaux, shows acrobatiques, zombie nights, glam queens, suppôts de Satan, transformers et shows burlesques tiennent l’affiche dans cette boîte insensée, jampacked nuit après nuit. Pas de videurs ici, mais des portiers souriants pour vous prêter le costume que vous auriez négligé d’enfiler avant de venir… Et sur les franges de la salle, DJ, masseuses et tireuses de cartes continuent de mélanger les genres.

86e rue. A la sortie de la ligne R, les enseignes banales de l’American way-of-life se mêlent aux flocons lumineux accrochés aux feux. Franchie la passerelle sur l’Expressway, le quartier résidentiel de Dyker Heights s’enfonce dans une nuit bien lumineuse. Chaque année, ses habitants enfourchent l’esprit de Noël avec un enthousiasme débridé: arbres-bougeoirs, anges et princesses, rennes et biches, snowmen et Santa, Snoopy et soldats de bois… Certains dépensent jusqu’à 20 000 dollars pour décorer leur maison!

Prochain rendez-vous : la Saint-Sylvestre sur Times Square, pour voir débouler la fameuse time ball qui, depuis 1907, marque le 12e coup de minuit, en compagnie d’un déluge de confettis, d’un orage de feux d’artifice et d’un bon million d’autres fêtards.

www.timeout.com/newyork/christmas

www.timessquarenyc.org


Cap sur l’Amérique du Nord
Un long week-end ? Il n’en faut pas plus pour aller respirer la fraîcheur nord-américaine. Chaque jour deux vols directs quittent l’aéroport de Genève pour New York : l’un avec Swiss pour JFK, l’autre avec United direction Newark. Et ce n’est pas tout. Pour varier les plaisirs, United dessert aussi quotidiennement Washington et Air Canada rejoint Montréal.

www.gva.ch

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