30° Degrés Magazine - La White Session

La White Session
s’offre l’Islande

Texte: 30° Degrés Magazine: Claude Hervé-Bazin | Photo: Klaus Polzer

Le concept est simple : chaque année, la marque Julbo organise un concours vidéo dont le lauréat s’envole pour un ski trip inoubliable aux côtés de deux pros de la glisse. Cette année, c’est le Slovène Darjan Andrejc, alias Drejc, qui a pris le chemin de l’Islande avec le freerider autrichien Flo Orley et sa compatriote Manu Mandl. L’objectif : des runs dans une nature vierge, entre tempêtes hivernales, sources chaudes et cool attitude.

Ce n’est pas skis aux pieds que le trip commence, mais dans une eau à 6° C, quelque part sur l’austère côte sud de l’Islande, aux terres volcaniques parcheminées battues par un vent glacial. Drôle de baptême du feu : Darjan Andrejc, le gagnant de la White Session 2017, et la snowboardeuse Manu Mandl tâtent pour la première fois de leur vie du surf en eau froide. Combinaison en néoprène bien ajustée, les voilà en train d’essayer de dompter les vagues bourrues de l’Atlantique Nord. Il faut ramer sans cesse en raison du courant et se garder de plonger la tête sous l’eau : explosion glacée garantie ! Lorsque, enfin, ils ne sentent plus leurs pieds, l’heure de la première retraite est sonnée.

Voyage au nord de la Terre
C’est en camping-car que le joyeux trio, accompagné d’un réalisateur et d’un photographe, a choisi de parcourir l’Islande hivernale. Gagnant de la Julbo White Session, Darjan Andrejc est Slovène. Voici un homme au tempérament calme, réfléchi mais volontaire, pharmacien de son état, passionné de sports outdoor (et de cuisine !), qui ne parvient pas à savoir s’il préfère le ski ou le snowboard. Il est coaché par deux pivots du Freeride World Tour : Flo Orley, légende de la discipline et intarissable optimiste, et Manu Mandl, snowboardeuse accro au café, au goût très prononcé pour la vitesse au volant…

Sous l’œil, pas (encore) de neige, mais des étendues sans fin de lave pétrifiée, comme carbonisée, roulant sous un ciel gris sombre, entre lesquelles se glissent des patchworks verdâtres où paissent des chevaux. L’immensité est palpable, le coin désert : comme un monde entier pour soi.

Manu file à fond les ballons vers le nez de la longue péninsule de Snæfellsnes, dardant sa lugubre et grandiose corpulence face à l’océan. Là, tout au bout, le volcan Snæfellsjökull se dresse comme une verrue parfaite – généralement cachée aux regards par une épaisse couche de nuages. Malgré la maîtrise et l’enthousiasme de Manu, qui grimpe pied au plancher, le camping-car cale dans une gerbe de neige. Il faut poursuivre à pied. Le sommet, culminant à 1446 m, n’est pas très ardu à rejoindre pour un alpiniste expérimenté, mais la collusion du brouillard et des nuages rend l’ascension plus hasardeuse. Quelques flocons tombent, balayés par un vent hargneux qui ne cesse de forcir.

Le lendemain, petit miracle : la dépression s’éloigne et le trio peut enfin dessiner ses premières courbes sur les flancs du cratère, en visualisant l’ampleur de ce monstre dont Jules Verne avait fait la porte d’entrée de son Voyage au centre de la terre. En contrebas, l’océan, gris bleuté, semble immobile. La qualité de la neige varie beaucoup, croûtée et incroyablement cassante sur les surfaces exposées, poudreuse d’une incroyable finesse dans les creux protégés des assauts du vent.

Héliski sur la péninsule des trolls
En Islande, tout n’est que falaises, fjords et péninsules. Tout au nord, à vol de mouette du cercle polaire, la terre se creuse d’échancrures profondes, où se recroquevillent des petits ports aux noms imprononçables, ralliés par d’étroits tunnels sombres. La noirceur des faces cache ici un joli secret : des couloirs-entonnoirs aux grosses couettes de poudreuse, débouchant presque invariablement sur des lits de pierre. La panacée…  à condition de savoir s’arrêter à temps et d’éviter les bombardements odorants des goélands ! Le camping-car, garé en bas sur la plage, est le plus souvent en vue.

Enfin, l’heure est venue : les prévisions météo sont favorables. Après un petit-déjeuner sur le pouce, l’équipe embarque, au milieu d’un tourbillon de flocons glacés aux dards acérés, à bord d’un hélicoptère de Viking Heliski. Tout en haut, sur le premier sommet de la journée, une certaine tension est palpable. Normalement, l’ascension permet de se faire une bonne idée de la topographie et de la qualité du manteau neigeux. Ici, il faut plonger à l’aveugle, faire entièrement confiance au guide. (...)

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